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En bref. Un cas d'usage est une situation de facturation précise pour laquelle la norme AFNOR XP Z12-014 fixe comment construire la facture électronique. Il y en a 45 dans la version publiée le 30 juin 2026. Une TPE en rencontre en pratique entre deux et huit : acompte et solde, escompte, facture déjà payée, abonnement, frais de collaborateurs, note de débit, e-reporting des ventes aux particuliers.
Le terme est partout dans les présentations de la réforme, et il intimide. Il ne devrait pas. Un cas d'usage, c'est simplement une réponse normalisée à une question que vous vous posez déjà : « comment je facture un acompte ? », « et si mon client paie d'avance ? », « et les notes de frais de mon salarié ? ». La réforme ne les invente pas. Elle dit comment les écrire dans un format que la plateforme de votre client et l'administration comprennent sans ambiguïté.
Ce guide donne la liste complète, en français, puis fait le tri : ce qui concerne une petite entreprise, ce qui ne la concerne pas, et comment vérifier que vos outils traitent vos cas à vous.
Avant même de vous soucier des cas d'usage, vérifiez que votre entreprise est rattachée à une plateforme dans l'annuaire de la facturation électronique : sans fiche active, aucune facture ne vous parvient.
Les cas 30 et 43 relèvent de l'e-reporting, la seconde obligation de la réforme, que notre guide dédié détaille volet par volet.
Un cas d'usage, c'est quoi, et pourquoi la réforme en a besoin ?
Une facture électronique n'est pas un PDF : c'est un fichier structuré (Factur-X, UBL ou CII, selon la norme XP Z12-012) qui circule d'une plateforme agréée à une autre et dont certaines données remontent à l'administration. Pour que tout le monde lise la même chose, il faut que les situations un peu particulières soient décrites de la même façon partout.
Prenez un acompte de 30 % sur un chantier, puis la facture de solde. Sur papier, chacun a sa manière : certains déduisent l'acompte sur la facture finale, d'autres émettent un avoir, d'autres encore une facture « nette ». En facturation électronique, cette liberté est un problème : la plateforme de votre client doit savoir que la seconde facture solde la première, et l'administration doit rapprocher la TVA des deux documents. Le cas d'usage 20 (facture d'acompte) et le cas 21 (facture définitive après acompte) disent précisément comment enchaîner les deux.
C'est donc un langage commun entre quatre acteurs : votre logiciel, votre plateforme, la plateforme de votre client, et la DGFiP. La norme qui les recense est la XP Z12-014, éditée par l'AFNOR dans le cadre des spécifications externes de la DGFiP (version 3.2 depuis le 30 avril 2026). Elle s'appelle « Cas d'usage B2B applicables dans le cadre la Réforme Facture Electronique en France ».
Si un mot de ce paragraphe vous échappe, notre glossaire de la facturation électronique le définit en une phrase.
45 cas d'usage : une norme qui a grossi en un an
Le chiffre a bougé, et c'est utile de le savoir pour ne pas se fier à un article périmé.
| Version | Date | Nombre de cas |
|---|---|---|
| 1.0 | 13 juin 2025 | 36 |
| 1.2 | octobre 2025 | 42 |
| 1.3 | 26 février 2026 | 44 |
| 1.4 | 30 juin 2026 | 45 |
La version 1.3 a ajouté l'e-reporting B2B international (cas 43, avec deux sous-cas) et les transactions avec les DROM, COM et TAAF (cas 44). La version 1.4 a ajouté l'autofacturation bidirectionnelle attendue par le secteur agricole (cas 45), qui combine dans un même document une autofacturation à un agriculteur et une vente à ce même agriculteur.
Conséquence pratique : quand un site vous parle d'« une trentaine de cas d'usage », il décrit la version de juin 2025. La norme en vigueur au démarrage de la réforme en compte 45.
La liste complète des 45 cas, en trois familles
Les titres ci-dessous sont ceux de la norme, regroupés dans les trois familles retenues par ses rédacteurs. Une colonne indique, pour chaque cas, s'il est fréquent pour une TPE. Ne cherchez pas à tout comprendre : l'immense majorité ne vous concernera jamais, et c'est précisément le point de la section suivante.
Famille A : flux multiples et tiers payeur (cas 1 à 3)
| N° | Cas d'usage | Pour une TPE |
|---|---|---|
| 1 | Multi-commande / multi-livraison | Fréquent |
| 2 | Facture déjà payée par l'acheteur ou un tiers payeur | Fréquent |
| 3 | Facture à payer par un tiers payeur connu au moment de la facturation | Rare |
Famille B : tiers et flux de facturation (cas 4 à 19)
| N° | Cas d'usage | Pour une TPE |
|---|---|---|
| 4 | Facture à payer par l'acheteur avec prise en charge partielle d'un tiers | Rare |
| 5 | Frais payés par des collaborateurs, facture au nom de l'entreprise | Fréquent |
| 6 | Frais payés par des collaborateurs, sans facture adressée à l'entreprise | Fréquent |
| 7 | Facture suite à un achat payé avec carte logée (carte d'achat) | Rare |
| 8 | Facture à payer à un tiers déterminé (affacturage) | Selon financement |
| 9 | Facture à payer à un tiers gestionnaire de la commande | Rare |
| 10 | Facture à payer à un tiers bénéficiaire inconnu à la création | Rare |
| 11 | Facture reçue et traitée par un tiers pour le compte de l'acheteur | Rare |
| 12 | Intermédiaire transparent gestionnaire de facture (commettant acheteur) | Rare |
| 13 | Sous-traitance B2B avec paiement direct ou délégation | BTP |
| 14 | Co-traitance B2B | BTP, groupements |
| 15 | Facture de vente suite à commande (et paiement éventuel) d'un tiers | Rare |
| 16 | Facture de débours, remboursement de la facture de vente payée par le tiers | Professions libérales |
| 17 | Facture à payer à un tiers intermédiaire de paiement (marketplace) | E-commerce |
| 18 | Gestion des notes de débit | Fréquent |
| 19 | Mandat de facturation / autofacturation | Selon secteur |
Famille C : cycle de vie et cas sectoriels (cas 20 à 45)
| N° | Cas d'usage | Pour une TPE |
|---|---|---|
| 20 | Facture d'acompte | Très fréquent |
| 21 | Facture définitive après acompte | Très fréquent |
| 22 | Facture payée avec escompte pour paiement anticipé | Fréquent |
| 23 | Autofacturation entre un particulier et un professionnel | Rare |
| 24 | Gestion des arrhes | Hôtellerie, événementiel |
| 25 | Gestion des bons et des cartes cadeaux | Commerce |
| 26 | Factures avec clause de réserve contractuelle | BTP, industrie |
| 27 | Tickets de péage vendus à un assujetti | Rare |
| 28 | Notes de restaurant émises par un vendeur assujetti établi en France | Restauration |
| 29 | Assujetti unique (art. 256 C CGI) | Groupes |
| 30 | TVA déjà collectée, opérations e-reporting B2C a posteriori | Fréquent (ventes aux particuliers) |
| 31 | Factures « mixtes » (opération principale + accessoire) | Selon activité |
| 32 | Paiements mensuels | Fréquent (abonnements, contrats) |
| 33 | Opérations soumises au régime de la marge bénéficiaire | Occasion, agences de voyages |
| 34 | Encaissement partiel et annulation d'encaissement | Selon activité |
| 35 | Notes d'auteur | Édition, création |
| 36 | Opérations sous secret professionnel, données sensibles | Avocats, santé |
| 37 | Sociétés en participation | Rare |
| 38 | Factures avec sous-lignes et regroupements de lignes | Selon logiciel |
| 39 | Intermédiaire transparent regroupant des ventes de plusieurs vendeurs | Rare |
| 40 | Paiements groupés, netting ou compensation (achat / vente croisés) | Rare |
| 41 | Sociétés de barter (troc interentreprises) | Rare |
| 42 | Gestion de la détaxe | Commerce touristique |
| 43 | E-reporting pour B2B international (sous-cas 43a et 43b) | Si clients étrangers |
| 44 | Transactions avec des entités établies dans les DROM / COM / TAAF | Si clients outre-mer |
| 45 | Autofacturation bidirectionnelle (agriculture / négoce coopératif) | Agriculture |
Les huit cas qui concernent vraiment une TPE
Voici ce que chacun recouvre concrètement, et ce qu'il faut vérifier chez vous. L'objectif n'est pas de connaître la norme, c'est de savoir poser la bonne question à votre éditeur de logiciel.
Cas 20 et 21 : l'acompte, puis le solde
La situation la plus courante en artisanat, en conseil et en prestation. Vous facturez un acompte à la commande, puis le solde à la livraison. En facturation électronique, les deux documents doivent être reliés : la facture de solde fait référence à l'acompte, et le montant déjà réglé apparaît de façon structurée, pas dans une ligne de texte libre. La TVA est due sur chaque document au moment de son encaissement pour les prestations de services.
À vérifier : votre logiciel produit-il une vraie facture d'acompte (et non un simple devis « avec acompte ») et sait-il la rappeler sur la facture finale ?
Cas 22 : l'escompte pour paiement anticipé
Vous accordez 2 % si le client règle sous dix jours. Le montant final dépend donc du comportement du client, et la TVA aussi. La norme prévoit comment porter cette condition sur la facture et comment le règlement effectif est ensuite rapproché.
À vérifier : l'escompte est-il un champ de votre logiciel, ou une mention manuscrite dans les conditions de paiement ? Seul le premier passera proprement.
Cas 2 : la facture déjà payée à l'émission
Le client a réglé avant la facture, sur devis ou par carte. C'est le quotidien d'un commerce en ligne et de beaucoup de prestataires. La facture doit porter l'information que le paiement est déjà intervenu, ce qui change son statut dans le cycle de vie et évite une relance inutile.
Cas 32 : les paiements mensuels
Contrats d'entretien, abonnements, forfaits récurrents. Chaque échéance est une facture, reliée à un contrat. Le cas d'usage cadre l'enchaînement des factures périodiques et leur rattachement.
À vérifier : si vous facturez à l'échéance depuis un tableur ou un outil de paiement récurrent qui ne produit pas de facture structurée, vous avez un trou.
Cas 5 et 6 : les frais avancés par un collaborateur
Votre salarié paie un billet de train ou un repas et se fait rembourser. Deux situations : le fournisseur a émis une facture au nom de l'entreprise (cas 5), ou il n'y a qu'un ticket au nom du salarié (cas 6). Le traitement diffère, notamment pour la récupération de la TVA. Si vous avez ne serait-ce qu'un salarié en déplacement, vous êtes concerné.
Cas 18 : les notes de débit
Un document qui augmente une créance après coup : frais de retard, pénalités, complément de facturation. Beaucoup de TPE les émettent sans savoir qu'elles ont un nom. La norme leur donne un traitement propre, distinct de l'avoir (qui, lui, réduit la créance).
Cas 1 : une facture pour plusieurs commandes ou livraisons
Vous regroupez sur une facture mensuelle plusieurs commandes du même client. La norme fixe comment référencer chaque commande et chaque livraison dans le document structuré, pour que le rapprochement se fasse côté client sans ressaisie.
Cas 30 : les ventes aux particuliers, déclarées a posteriori
Le seul cas de cette liste qui relève de l'e-reporting et non de la facture électronique. Si vous vendez à des particuliers, ces opérations ne donnent pas lieu à facture électronique, mais leurs données doivent être transmises à l'administration. Le cas 30 décrit la transmission des opérations dont la TVA a déjà été collectée. Pour un commerçant, c'est souvent le premier chantier concret, avant même la facture : notre guide sur la facturation électronique dans le commerce et l'e-commerce le détaille.
Ceux que vous pouvez ignorer, et le jour où vous ne pourrez plus
Les 37 autres cas décrivent des montages précis. Vous n'avez pas à les connaître, à trois exceptions près, qui se déclenchent avec votre activité et non avec votre taille.
- Vous êtes dans le bâtiment : la sous-traitance avec paiement direct ou délégation (cas 13) et la co-traitance (14) vous rattraperont dès le premier marché en groupement. La clause de réserve de propriété (26) aussi.
- Vous vendez via une marketplace : le cas 17 (tiers intermédiaire de paiement) décrit exactement la relation avec Amazon, Etsy ou une place de marché B2B.
- Vous avez un client à l'étranger ou outre-mer : les cas 43 et 44 s'appliquent dès la première facture.
Le reste (affacturage, cartes logées, sociétés en participation, barter, détaxe, assujetti unique) concerne des structures ou des secteurs que vous reconnaîtrez immédiatement si vous en faites partie.
Comment vérifier que votre logiciel gère vos cas
C'est la partie qui compte. Une plateforme agréée est tenue de traiter le socle commun de la réforme. En revanche, la façon dont votre logiciel de facturation produit une facture d'acompte, applique un escompte ou déclare une vente à un particulier dépend de l'éditeur, et c'est là que se logent les mauvaises surprises.
Trois questions à poser, dans cet ordre :
- « Êtes-vous plateforme agréée, ou raccordé à laquelle ? » La réponse doit être vérifiable sur la liste officielle d'impots.gouv (150 plateformes au 31 août 2026). « Compatible » n'est pas une réponse.
- « Comment traitez-vous les cas 20, 21, 22 et 30 ? » Remplacez par vos cas. Un éditeur sérieux sait répondre. Un éditeur qui répond « on est conforme » sans détail ne l'est peut-être pas sur le vôtre.
- « Que se passe-t-il si je saisis un acompte comme je le faisais avant ? » La réponse vous dira si le logiciel vous guide ou vous laisse produire une facture rejetée.
Si vous n'avez pas encore choisi, notre guide comment choisir sa plateforme agréée compare les options pour une TPE, et notre sélection de logiciels de facturation électronique gratuits couvre les petites activités.
Ce qu'il faut retenir
La norme XP Z12-014 compte 45 cas d'usage depuis le 30 juin 2026. Une TPE en rencontre entre deux et huit, presque toujours les mêmes : acompte et solde, escompte, facture déjà payée, abonnement, frais de collaborateurs, note de débit, commandes multiples, ventes aux particuliers. Le travail n'est pas d'apprendre la norme, c'est d'identifier vos cas et d'obtenir de votre éditeur une réponse précise sur chacun.
Pour savoir à quelle date chacune de vos obligations tombe, notre calendrier de la facturation électronique le donne par profil, et notre outil d'échéance vous répond en deux minutes pour votre cas.
Sources : AFNOR, norme XP Z12-014 « Cas d'usage B2B applicables dans le cadre la Réforme Facture Electronique en France », publiée le 30 juin 2026 ; DGFiP, spécifications externes B2B, version 3.2 du 30 avril 2026 ; historique des versions et liste des cas recoupés à partir des publications des éditeurs et des experts-comptables spécialisés. Nous n'affirmons sur chaque cas que ce que son titre désigne.
Questions fréquentes
Un cas d'usage de la facturation électronique, c'est quoi ?
C'est une situation de facturation précise, décrite par la norme AFNOR XP Z12-014, pour laquelle est fixée la façon de construire la facture électronique et ses statuts : quelles données porter, quel enchaînement de documents, quel traitement par la plateforme agréée. Un acompte suivi d'une facture de solde, une facture payée par un tiers, une remise pour paiement anticipé sont des cas d'usage. Ils servent de langage commun entre votre logiciel, votre plateforme, celle de votre client et l'administration.
Combien y a-t-il de cas d'usage ?
45, dans la version 1.4 de la norme XP Z12-014 publiée le 30 juin 2026. Le nombre a augmenté au fil des versions : 36 dans la version 1.0 du 13 juin 2025, 42 en octobre 2025, 44 le 26 février 2026, puis 45 avec l'ajout de l'autofacturation bidirectionnelle agricole. C'est pourquoi des sources encore en ligne parlent d'une trentaine de cas : elles datent de la première version.
Quels cas d'usage concernent une TPE ?
En pratique, entre deux et huit sur les 45. Les plus fréquents pour une petite entreprise de services ou de commerce : la facture d'acompte puis de solde (cas 20 et 21), la remise pour paiement anticipé ou escompte (22), la facture déjà réglée à l'émission (2), les paiements mensuels ou abonnements (32), les frais avancés par un collaborateur (5 et 6), les notes de débit (18), la livraison ou commande multiple (1), et l'e-reporting des ventes aux particuliers (30). Tout le reste vise des montages précis : affacturage, marketplace, co-traitance, DROM-COM.
Mon logiciel doit-il gérer les 45 cas ?
Non. Il doit gérer ceux que vous rencontrez. Une plateforme agréée est tenue de traiter le socle commun ; en revanche, la façon dont votre logiciel de facturation produit une facture d'acompte, applique un escompte ou déclare une vente à un particulier varie d'un éditeur à l'autre. La bonne question à poser à votre éditeur n'est pas « êtes-vous conforme » mais « comment traitez-vous les cas 20, 21, 22 et 30 », c'est-à-dire les vôtres.
Où trouver la norme XP Z12-014 ?
Sur le site de l'AFNOR (Norm'Info), où elle est référencée comme norme publiée au 30 juin 2026 sous le titre « Cas d'usage B2B applicables dans le cadre la Réforme Facture Electronique en France ». Elle fait partie d'un ensemble de trois normes expérimentales avec la XP Z12-012 (formats et profils) et la XP Z12-013 (API d'échange), auxquelles renvoient les spécifications externes de la DGFiP, en version 3.2 depuis le 30 avril 2026.
Quelle différence entre cas d'usage et e-reporting ?
L'e-reporting est une obligation : transmettre à l'administration les données des opérations qui ne passent pas par une facture électronique (ventes aux particuliers, opérations avec l'étranger, données de paiement des prestations). Les cas d'usage sont des scénarios normalisés. Certains cas d'usage portent précisément sur l'e-reporting, comme le cas 30 (ventes aux particuliers déclarées a posteriori) ou le cas 43 (e-reporting B2B international).
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